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    Index > Liste des articles > Snes/SFC > E.V.O : Search for Eden
 

 
 
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Editeur Enix
Développeur Almanic
Année 1992
Genre Evolution

 
 
 
 

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E.V.O : Search for Eden
Par Milcham le 22/10/2005





Cliquez sur les screenshots pour les visualiser en taille réelle.


   Certains softs ne paient d'abord vraiment pas de mine, pour finalement se révéler addictifs au possible, coups de génie dans leur genre pour quelque détail que d'autres joueurs jugeront négligeables. Si l'on touche là de près à la notion de "coup de coeur", on n'y est pas tout à fait, mais qu'importe. L'essentiel est que, dans notre écrasante majorité, on a tous connu ça. Du moins, je l'espère et plains par avance ceux qui n'ont jamais mené ce genre d'expériences. L'un des gros plaisirs que l'on en retire est celui de la découverte.
Je me retrouve donc à vous parler de ces jeux ni très beaux, ni fluides, aux évidentes lacunes de conception... qui ont
L'idée. E.V.O est justement de ceux-ci, jeu basé sur le principe d'évolution. Ni le premier (Eco, sorti sur ST et Amiga en 1988... même si les concepteurs japonais d'E.V.O n'en avaient très probablement jamais entendu parler), ni le dernier (Seventh Cross sur Dreamcast). Le bougre ressort ainsi les rengaines darwiniennes de ces poussiéreux manuels d'Histoire des Sciences, se révélant une petite variante sur le thème du "Seuls les plus forts survivront et évolueront". Grosso modo. E.V.O est un jeu du grosso modo, après tout.



Boîtes US et JAP


Adam est fait à l'image de Dieu ; or, Adam est mou et primitif. Qu'en conclure ?

   Mais commençons par la fin. J'ai pour habitude de n'évoquer au mieux que vaguement la technique d'un jeu dans quelque paragraphe minable en fin d'article. Si encore cela me semble utile ; cette fois-ci, je choisis de m'auto-merder et espère que vous approuverez cette lapidaire réaction. E.V.O, donc, n'est pas vraiment joli. Ses décors sont assez vides et, surtout, redondants. Si ça se comprend dans l'océan des origines, c'est plus gênant une fois l'avatar sorti de l'eau. On remarque l'utilisation, plus pour la forme qu'autre chose, de quelques effets propres à la Super NES, comme des distorsions dans le décor du désert. Le minimum syndical est là mais les décors manquent cruellement d'animation et de vie - un comble pour qui entend en retracer la foisonnante expansion. Qui plus est, c'est un poil lent, ce que l'on peut justifier par deux facteurs : d'une, le développement du jeu ayant sans doute été assez modeste on serait bien salauds de lui réclamer la lune ; de deux, on commence généralement les différents mondes en étant lent, ce que l'évolution devra combler. Niveau sonore, c'est là encore assez modeste. Certes pas par la qualité, la plupart des pistes (notamment celle de l'océan) étant agréable, mais plutôt par la quantité : on doit culminer à 7 ou 8 morceaux en tout et pour tout. Léger, léger. Ceci dit, vu la pauvreté déjà soulignée des environnements, la bande-son n'amplifie pas l'ambiance comme elle le pourrait.



   J'admets être assez dur dans mon jugement. J'y ajoute que la narration est réduite à un strict minimum peut-être trop... minimal, justement. Je préfère nettement ne pas avoir assez de dialogues qu'en avoir trop, remarquez, mais E.V.O souffre tout de même de ce manque. Le bilan technique que je viens de dresser est volontairement mitigé.

   On doit reconnaître au jeu ses sprites sympas et expressifs ; quant aux allures anachroniques de l'avatar qui se cherche - passant de l'oiseau avec une gueule de T-Rex au mulot avec des cornes de taureau - elles confèrent au tout un côté léger bienvenu. On passe par les stades les plus improbables de l'évolution et l'avatar a ses mimiques hilares en font ressortir le côté marrant. Ces sprites sauvent en fait la technique du jeu : si E.V.O est visuellement cheap, pas assez vif, répétitif et mal guidé, il garde un côté agréable et... terriblement 16 bits ! Pas de doute possible sur la marchandise.


La quête de l'Eden

About 4.6 billion years ago, the "Sun" had nine smaller stars and named the third one "Gaia".

"My dear, Gaia! Please listen to me. From this time forward, every one billion years, you will have children called `Life`. One of them will be able to help you to build a new era. Each child must endure a difficult trial. You might think it's too severe, but it is necessary. The trial is a test of nature: `The survival of the fittest`. If he passes, I will allow him to be your partner and to enter Eden."




Quel charmant prologue, non ? Par cette personnification des astres, les développeurs semblent vouloir écarter toute conception scientifique (au point d'en commettre de jolies bévues) pour mieux baigner le joueur dans la rêverie de la Terre-Mère et de la quête pour l'Eden. Tout ceci tombe très bien : on touche à l'objectif-même du jeu. Vous l'aurez compris, l'essence-même d'E.V.O est de savoir évoluer pour avoir le privilège d'accéder à l'Eden.

   A bien y réfléchir, l'évolution n'est-elle pas l'un des cadres les plus adaptés à l'élaboration d'un jeu ? Quelque soit le genre, le jeu vidéo se complexifie à mesure que l'on y progresse et nous récompense en fonction ; le principe de l'évolution serait même plus adéquat que jamais à une heure où on ne peut plus concevoir un jeu avec un avatar qui ne s'améliorerait pas. Ce n'est pas pour autant que j'approuve cette démarche, mais là n'est pas le sujet. Le fait est qu'E.V.O veut retracer le parcours de la vie. Découpé en chapitres pour autant d'âges (la soupe primordiale, l'âge de la colonisation des terres, l'âge des dinosaures, l'âge de glace et, enfin, l'âge marqué par le réchauffement et l'expansion de l'homme), il vous fait suivre le cours de l'évolution et vous y fait prendre une part importante, tant dans votre propre parcours que dans le maintien de l'équilibre de la planète. Il y ajoute quelques "délires", qu'il serait de mauvais goût de révéler ici. Sachez par exemple que le jeu nous enseigne quel châtiment affecte les émeus pour qu'ils soient ainsi dénués d'ailes. Le chapitre 5 est carrément loufoque de ce point de vue là, mais botus et mouche cousue.



Un appétit pantagruélique

   Toute la finesse du jeu va donc résider dans la nécessité de vaincre et dévorer les adversaires. Dit comme ça c'est terriblement primaire, n'est-ce pas ? Ce faisant, vous gagnez des points à dépenser pour améliorer certaines parties de votre corps (crocs, cou, corps, bras/jambes, cornes, etc...). A vous de vous booster à fond - ne rechignez pas, c'est quasi-obligatoire pour avancer sans soucis. L'astuce, c'est que même la plus infime évolution restaure entièrement vos HP. Si vous êtes dans une mauvaise passe, pensez-y.

   Et, là où le soft devient un génie de frustration, c'est qu'entre chaque nouveau stade d'évolution (poisson, amphibien, dinosaure/oiseau, mammifère, homme), vous devez tout recommencer ! Vos HP redeviennent minables, vous refaites des dégâts de 1HP, vous redevenez lent... C'est du masochisme pur d'apprécier voir ses efforts si
régulièrement réduits à néant. D'autant que le jeu a le culot de filer pleins de points au joueur après avoir battu le boss du chapitre ; points qui ne vous serviront jamais puisque vous évoluerez dans les cinq minutes qui suivent. Apothéose du scandale dalinien, ou lorsque s'immisce le surréalisme dans le jeu vidéo. Sous ces propos fort galvaudés, il ne faut voir que mon amusement face à ce côté "gonflé". Un côté qui pourra probablement agacer certains joueurs, d'ailleurs, qui souhaiteraient une courbe d'évolution régulière et exponentielle. Eh bien non.



   On commence, déjà, à faire le tour du sujet avec ces deux simples paragraphes. E.V.O est assez répétitif, il faut bien l'admettre. On bouffe, on avance à la zone suivante, on bat un boss, etc. Quelques quêtes vous donneront des objectifs plus spécifiques, mais là encore, c'est plus pour la forme qu'autre chose : si vous ne vous amusez pas à évoluer, n'espérez même pas déceler quelque qualité ludique que ce soit dans le schéma de progression du jeu. On relève tout de même quelques subtilités qui n'interviennent pas au début et enrichissent considérablement le jeu. D'abord, vous le verrez à partir du chapitre 3, les factions dominantes de l'âge en cours vous proposeront souvent d'épouser leur cause. Si vous acceptez, vous déclencherez des fins optionnelles. Qui plus est, certaines sont très sympas, ne serait-ce que parce qu'elles prolongent l'histoire tissée dans le jeu jusqu'à l'époque contemporaine humaine. Mention spéciale à la référence aux tracés de Nazca, amusante et bien trouvée. Evidemment, accepter ces alliances contre nature revient à une sorte de Game Over ; refusez ces offres et bottez avec panache le cul cuirassé des méchants, donc.

   Dernière info, cruciale en fait : E.V.O esquisse encore vaguement diverses branches bien spécifiques d'évolution. Comprenez par là que vous pourrez devenir un mammifère, mais aussi tenter de rester dinosaure ou oiseau. Vous pourrez même, en cherchant un peu, devenir un singe puis, au fil de l'évolution, vous redresser peu à peu pour devenir un homo sapiens. Mais attention : ce choix est irréversible. Vous êtes prévenus.



   Quelle bonne surprise que ce E.V.O : Search for Eden ! Certes, c'est loin d'être parfait, c'est répétitif et assez lent ; qui plus est, on aurait bien souhaité voir ses idées poussées plus loin, puisque le jeu est au final un peu limité. Des idées, pourtant, il y en a, même bien plus qu'il n'y paraît au premier abord - couronnes de cette Idée-reine qu'est l'évolution. Il ne faut pas s'y tromper : E.V.O aura beau être mon petit coup de coeur, il reste un jeu "sympa, sans plus" à tous points de vue. Un jeu qui, en tout cas, ne mérite pas les sommes conséquentes que l'on en demande sur eBay ($50 par-ci, $60 par-là...). Pour le reste, j'ignore totalement à quel prix sa version japonaise, 46 Okunen Monogatari - Harukanaru Eden he peut se trouver. Sans doute pour pas très cher.


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