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    Index > Liste des articles > Game Cube > The Legend of Zelda - The Wind Waker
 

 
 
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Editeur Nintendo
Développeur Nintendo
Année 2003
Genre Aventure

 
 
 
 

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The Legend of Zelda - The Wind Waker
Par Milcham le 29/08/2005





Il n'est jamais facile de succéder à une idole, encore moins à plusieurs. Imaginez donc lorsque celles-ci ont pour doux point commun de s'appeler Zelda. Série-monument du jeu vidéo depuis la Fantaisie hyruléenne du Disk System jusqu'à la Princesse du crépuscule de nos jours - à la croire éternelle, elle recueille à son égard les plus vives réactions. Messieurs, posez quelques instants vos guns et mettez The House of the Dead 2 en pause. Lorsque c'est par la folie que Nintendo entend répondre ; qu'un vent de fraîcheur et d'innocence doit succéder au blockbuster Ocarina of Time ; que l'on trouve l'ivresse dans le plus petit flacon qui soit... cela donne la plus atypique et la plus charmante aventure qu'ait vécu Link. Ne faites pas l'hermétique. Ne plissez pas le front. C'est un doux monde que celui de Zelda ; vous n'avez qu'à faire un pas en avant pour y penétrer. Elle n'est pourtant pas exigeante : elle ne veut qu'un peu de votre imagination et quelque soupçon de souvenir enfantin. Pensez juste à votre bouée : je le crains, le périple sera... humide.




Le jour où Miyamoto entendit l'avenir de sa saga au creux d'un coquillage marin
~ ou comment virer sereinement de bord ~

   J'imagine que tout le monde a encore en tête la présentation de la Game Cube. Outre une démo technique illustrant l'arlésienne Mario 128, il est une vidéo qui a marqué pas mal d'esprits. Pour cause : elle présentait à ses spectateurs relativement ébahis un duel court mais intense entre Link et Ganondorf Dragmire, les deux ennemis jurés d'Ocarina of Time. Et Nintendo de nous promettre, naturellement, un Zelda placé sous ce signe, "bientôt sur vos écrans". Il faut bien rappeler l'impact énorme du-dit Ocarina of Time : régulièrement désigné comme "meilleur jeu de tous les temps" un peu partout, il a su se faire attendre un sacré bout de temps pour instaurer des règles d'or dans le genre. A commencer par son ingénieux système de lock des ennemis. Ocarina of Time est, dans tous les cas, un jeu prodigieusement riche.


   Quel ne fut pas, dès lors, l'accueil bien mitigé du public à la vue des premières images de ce qui allait devenir The Wind Waker. L'Ocarina se voit enterré six pieds sous terre avec la visible intention de n'en entendre plus parler d'ici quelques siècles. Link entend se la jouer cartoon, tout en SD riquiqui, armé d'un cure-dent... Bref : plus décevant, tu meurs. D'autant qu'il faut l'avouer, ces premiers écrans étaient réellement minables. Les modèles 3D n'étaient pas encore tout à fait au point, et dans l'intention de garder au chaud le thème aquatique adopté pour le jeu, Nintendo n'avait révélé que quelque décor sombre pas bien alléchant.



   Et puis le temps passe et le développement se poursuit. Visiblement excité par son coup de théâtre un poil amer, l'enfant Miyamoto continue de superviser... en toute sérénité. Convaincu que les joueurs finiront par accepter ce revirement graphique et environnemental. Ainsi le nouveau Zelda s'est-il présenté sous de meilleurs jours à sa sortie nippone, en plein mois de décembre 2002. Ses délicieuses sonorités marines apportaient, il faut bien l'avouer, une véritable vague de fraîcheur. Imaginez-vous regarder la neige tomber dehors, et vous, entendre le chant de la marée dans une conque décorée de dessins d'enfant. Zelda a en revanche loupé le rendez-vous avec les restes du monde, n'y arrivant que plus tard. Une sortie d'autant plus réussie qu'histoire d'enfoncer encore le clou, The Wind Waker fut vendu en compagnie d'un portage du messie Ocarina of Time et de sa version URA "Master Quest", jadis promise pour le DD64.

   Le thème est donc celui de l'eau. Quel drôle de retour aux sources ! Le contexte initial de l'épisode Game Boy mis à part, c'est la première fois depuis The Legend of Zelda sur NES que Link remet le pied sur un bateau. Et il faudra qu'il soit marin, ce pied : Link va passer le plus clair de son temps à naviguer, de jour comme de nuit. Dans son monde où Hyrule n'est plus, il va lui falloir relier toutes les îles de son archipel, dans l'espoir d'y retrouver sa soeur enlevée par un gros oiseau, puis les fragments de la Triforce.



Ces souvenirs enfouis qui ne demandent qu'à exister
~ immersion pour un brin d'histoire ~

  Il était une fois un Royaume paisible et prospère, baigné de la lumière des Dieux endormis.

  La convoitise des hommes mauvais était fixée sur cette lumière et bientôt le Royaume fut plongé dans les ténèbres.

  De nulle part, apparut un jeune homme tout de vert vêtu. En brandissant l'Épée Qui Chasse le Mal, le jeune homme emprisonna l'Ennemi maudit du Royaume et celui-ci retrouva sa splendeur passée. Les habitants surnommèrent le jeune homme qui avait traversé les époques pour vaincre le Mal, le "Héros du Temps" et son histoire entra bientôt dans la Légende.

  Pourtant les vents mauvais de la destruction s'abattirent de nouveau sur le Royaume. L'Ennemi maudit qui avait été emprisonné par le jeune homme s'échappa de sa geôle terrestre, détruisant sans merci tout sur son passage.

  Les habitants savaient que le Héros du Temps allait revenir pour tous les sauver. Mais il n'en fut rien et le Héros ne réapparut jamais. Ce qu'il advint du Royaume, personne ne le sait vraiment. Les souvenirs du Royaume s'effacèrent peu à peu, ne trouvant d'écho que dans les Vents des légendes.

  Sur une île perdue, on célébrait encore l'anniversaire des jeunes garçons entrant dans l'adolescence par un costume vert. Dans ce costume demeurait l'espoir que celui qui le revêtirait trouverait en lui le Courage du Jeune Héros de la Légende...




   C'est sur ces phrases et quelques notes du thème principal que débute le jeu. Les liens entre Ocarina of Time et The Wind Waker sont habilement tissés, insufflant au jeu une touche épique que l'on n'eût guère soupçonné de prime abord. The Wind Waker ne fait que nous peindre à son échelle les différents âges de la vie : l'enfant qui marche sur les pas de l'adulte, cherchant à retrouver et honorer les mémoires de ses ancêtres ; l'adulte qui tient l'enfant par la main pour mieux lui apprendre à marcher seul, lui révélant avec quelque regret à quel point l'enfance est le plus beau des privilèges. Il ne s'agit pas d'une quête initiatique au même titre que celles peintes dans tant de RPG pour collégiens, car le bilan est différent. Encore faut-il prendre la peine d'y parvenir : The Wind Waker se doit d'être mené à son terme. Et ça tombe bien, puisqu'il n'est pas infiniment long. La quête de Link se conclue par une fantastique note d'espoir qui ravive de sa lumière l'ensemble des souvenirs du jeu... et du joueur.



   Dire que The Wind Waker est un jeu pour les enfants relève de l'inexactitude. Il constitue une jolie quête pour l'enfant comme l'adulte. En y jouant, l'enfant ressentira ce que les plus vieux ont pu connaître avec les jeux de leur époque ; c'est quelque chose qu'Ocarina of Time n'a pas. Le plaisir de l'expérimentation. The Wind Waker est un jeu accessible et étonnamment intuitif, proposant son lot d'énigmes et des possibilités d'action étendues comme jamais. La caméra se place judicieusement derrière Link ou en haut selon les endroits, et une rapide manipulation du stick C la fait basculer en mode semi-manuel. Link dispose de deux boutons d'action, de celui de son épée et des trois boutons associés à son inventaire. Le tout est d'une simplicité enfantine et invite à la création : Link peut très bien ramasser une arme ennemie sur le sol en quelques secondes, et passer dans le dos de son adversaire au moment opportun via une commande dédiée. C'est tout le savoir-faire des artisans de Nintendo que de rendre si instinctif ce gameplay qui, sous la direction de programmeurs-bûcherons tels que ceux à l'origine d'un Metal Gear Solid, aurait demandé des heures d'adaptation et des dizaines de boutons. Pour toutes ces raisons, The Wind Waker est un délice pour les enfants.



   Mais avec son scénario plus sombre que le visuel ne voudrait bien le laisser penser, il semble également adapté aux plus vieux. Ceux qui, suffisamment âgés pour saisir les métaphores de l'histoire, se remémorent alors avec délectation leurs souvenirs d'enfants, leurs heures passées sur NES à trouver le dernier coeur. The Wind Waker est à la fois un retour aux sources premières de la saga et une évolution directe d'Ocarina of Time. Il est d'ailleurs étonnant de constater à quel point il surpasse son aîné sur bien des points. Modestement, on peut ne voir The Wind Waker que comme une énième invitation au voyage ; c'est, par ailleurs, tout à fait juste. Il est simplement d'une finesse remarquable, tant dans son univers que dans sa jouabilité. Si Ocarina of Time était un des obélisques de Louqsor, brut et imposant, The Wind Waker serait une petite améthyste soigneusement polie. Un trésor que n'auraient pas renié les Pirates, mis à l'honneur pour l'occasion.



Eiji Aonuma, ce magicien d'Ose
~ un monde en vie ~

   Des jeux qui vous convient dans leur univers, on ne peut pas dire que ce soit rare. Pour peu que l'on prenne la peine de chercher quelques temps, on trouvera que les Paradis virtuels sont légion. Le jeu d'aventure lui-même est déjà un genre propre à l'immersion. Et pourtant, The Wind Waker parvient à se distinguer aisément, tirant toute sa personnalité de ce fameux cel-shading tant décrié encore aujourd'hui. Effectivement, Link n'est pas le playboy d'Ocarina of Time. Il a même une face de truite et est haut comme trois pommes. Mais il est plus expressif qu'il ne l'a jamais été - et nul doute que Twilight Princess ne réitèrera pas l'expérience, avec son héros qui tire déjà la tronche en toute occasion.



   The Wind Waker est à la fois le Zelda le plus vivant et le plus contemplatif depuis la création-même de la saga. Et c'est alors que la participation d'Aonuma, nouveau grand manitou de la série, prend tout son sens. D'abord, les mers d'Hyrule sont splendides. Les vagues, pourtant dénuées de tout réalisme, sont si naturelles qu'elles semblent vraiment porter le frêle esquif du petit garçon, tantôt l'accompagnant avec la plus douce générosité, tantôt le ballotant avec fureur. Qui plus est, le regard porte loin. Loin... Très loin. La profondeur de champ est absolue, puisque l'on commence à distinguer la terre quand elle se trouve à portée de vue. Pas de vilains polygones se formant d'un seul coup à l'horizon : il s'agit de plonger le joueur au sein de sa navigation. Le jour et la nuit se succèdent encore en temps réel. C'est une délicieuse expérience que d'arrêter son bateau au beau milieu de l'océan, le ciel nocturne pour seul compagnon et le bruit des vagues pour unique mélodie. Planant. A noter en outre que les changements de maps ne se font que dans les bâtiments et donjons. Cela signifie ainsi que vous pourrez naviguer trois heures au gré du vent, puis arriver en vue de la ville au phare, y accoster et vous y promener sans aucun chargement. C'est là qu'on apprécie le progrès technique...



   Et il y a bien sûr dans cette ville et ailleurs des tas de figurants. Et c'est là que l'on prend conscience de la cohérence de l'univers dans lequel on évolue. A la manière d'un Majora's Mask, chaque habitant est fort d'une histoire. Chacun est plus ou moins lié à une quête annexe qui lui est propre. Il s'agira d'aider deux amoureux transis à se trouver ; de remonter le moral à un gamin féru d'astronomie ; de surprendre une enfant en flagrant délit de vol à l'étalage ; d'aider les sales gosses de la ville à exprimer leur affection envers leur maîtresse. Bref, The Wind Waker s'anime sans arrêt et sans démériter. L'animation des personnages est elle-même remarquable. Les mouvements de Link, vifs et naturels, ne donnent pas cette impression de flottement qu'on croirait propre au jeu en 3D. Link fait de vrais pas, il piétine l'herbe, ne marche pas contre les murs. Le vent anime les arbres et fait voler quelque particule dans l'air - avec une représentation d'autant plus soignée que Link va devoir apprendre à le dompter.



   Qui plus est, The Wind Waker apporte davantage de variété que ses prédécesseurs. Les petites quêtes annexes sont légion et les donjons n'ont jamais été aussi bien construits. Toutes les énigmes classiques y passent, et d'autres font leur apparition. On prend un réel plaisir à tout essayer, tout imaginer pour se frayer un chemin ; les objets de Link ayant tous au minimum deux usages, le joueur doit sans cesse trouver un nouvel emploi à son inventaire. Ainsi, la Feuille Mojo permet à Link de planer et d'envoyer des rafales de vent ; le grappin-griffe s'enroule autour de quelque branche pour permettre à Link de sauter par-dessus le vide, de grimper jusqu'à cette branche... mais il sert également à voler les objets des ennemis. Enfin, il est deux donjons où Link n'est pas seul, devant progresser de pair avec Korogu et l'adorable Médolie, se servant de leurs pouvoirs particuliers. On finirait bien par se croire dans un Ico... !

   Pour tout cela, il fallait oser. Mettre en mouvement un véritable dessin animé interactif, alors même que tout le monde attendait l'exact inverse : il y a un bon brin d'audace là-dedans. Il faut pouvoir y jouer, ne serait-ce que parce que le monde de Link ne flatte l'oeil qu'une fois en mouvement. The Wind Waker est un pied-de-nez aux tendances actuelles, et a au moins ceci pour lui : il n'est pas aseptisé. Loin s'en faut.





L'Aventure des beaux jours
~ une légende taillée dans l'émeraude ~


   En dépit de toutes ses qualités, The Wind Waker est encore parmi les plus décriés. Beaucoup se sont ennuyés à cause des longs trajets en bateau, qui ne deviennent d'ailleurs éludables que bien tard. Aucun remède à ce mal : il s'agit simplement de prendre son temps, de chercher à voir la navigation comme une fin en soi plus que comme un simple moyen de locomotion. Beaucoup, ensuite, n'apprécient guère l'aspect enfantin du jeu. Pas de réponse à leur adresser. Moi, je prends un plaisir démesuré à lire des contes tels qu'Alice au Pays des Merveilles ou Peter Pan, si loufoques et créatifs. The Wind Waker est de ceux-là. Si vous n'appréciez pas ce genre d'histoires et ne vous amusez qu'à la lecture d'un Asimov, et bien... Attendez donc Twilight Princess. Nul doute que cet émule du Seigneur des Anneaux vous rebutera moins. Dommage, simplement.

   Reste que ce Zelda est une fantastique fable d'espoir sur l'enfance. Un conte qui nous dit que rien n'est jamais perdu, que l'on peut toujours tout reconstruire. Que l'âge de l'enfance est une chance que trop de personnes voudraient trop vite vous enlever. Car au terme de l'épopée The Wind Waker, l'on n'éprouve qu'un seul regret : ne plus être enfant.



Images et Vidéos : Page officielle du jeu sur Nintendo-Europe


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