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    Index > Liste des articles > NES/Famicom > Splatterhouse Wanpaku Graffiti
 

 
 
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Editeur Namcot
Développeur Namcot
Année 1989
Genre Carnage sans violence

 
 
 
 

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Splatterhouse Wanpaku Graffiti
Par Milcham le 13/10/2005



    On va mener un petit jeu de rôle. Allez, un peu de fair-play, ne faites pas l'enfant. Vous êtes un éditeur de jeux vidéo japonais, futur géant, avec un vilain T au bout de votre nom que vous ne manquerez pas d'effacer tôt ou tard. C'est vrai quoi, c'est très prolo, comme lettre. Tant de mots vulgaires commencent par T. Tamanoir, par exemple.



[Mémoires d'outre-tombe]

   Vous êtes donc cet éditeur encore prolo à l'époque, vous tenez quelques grosses séries et vous voyez une reine dans sa robe rouge et blanche de consul romain accaparer le gros du marché. La-dite impératrice, la bien-nommée dame Famicom I de Kyoto, c'est un coup d'enfer. Vous lui offrez une fleur, lui faites un clin d'oeil et fourrez votre nez dans son bustier top-loading, et c'est l'amour et l'argent assurés. Vous le savez, vous n'en êtes pas à votre coup d'essai. Ainsi votre Valkyrie no Bôken par exemple, petit clone de Zelda sans grande envergure, vous offre-t-il la gloire puisque sa suite en arcade et bientôt sur NEC est appelée à recevoir un certain succès, au point que son héroïne en vienne à jalonner votre parcours pendant quinze ans. J'aurais tout aussi bien pu parler des Galaxian, Xevious et autres Digital Devil Monogatari.

   Vous êtes cet éditeur et vous avez derrière vous une série apte à dépuceler un couvent (grâce à un eunuque, en plus). Un truc crade et violent, du genre que s'arrachent les junkies. Ca s'appelle Splatterhouse et c'est un condensé de toute la finesse des films d'horreur du genre de Vendredi 13, La Mouche, Evil Dead, etc. D'ailleurs, le jeu en arcade a rencontré un certain succès, en 1988. En réalité ami Namcot, pour ne pas vous nommer, vous le savez : la violence est un fonds de commerce. Splatterhouse n'est ni spécialement beau, ni réellement intéressant, ni vraiment jouable. Splatterhouse est un jeu d'action assez basique, au héros fort peu agile, d'une parce que mieux vaut frapper fort que courir vite je suppose, de deux parce que le sprite est trop gros pour pouvoir réellement bouger. Pourtant il faut bien le concéder : l'ambiance "film d'horreur" confère effectivement à votre jeu un certain plus, d'autant que ce genre de violence gratuite était rare, en ce temps (Doom n'était pas encore venu imposer son idyllique vision du jeu vidéo). Aux Etats-Unis, la série sera censurée et y jouer demandera, pour la première fois, le strict accord des parents ("parental advisory" ).



   Bon, autant l'admettre, vous avez un souci. Un serial killer avec un masque de hockey ingurgitant du popcorn et des rognons devant Le journal du hard dans votre salon, et la généreuse Famicom, nue dans votre baignoire auréolée de billets verts. Vous avez un singulier besoin de rejoindre cette dernière et de vendre des tas de jeux, mais l'image de ce copain d'enfance/bourreau d'enfants téléphile ne colle pas trop. Et puis eh, les sprites surdimensionnés, la Famicom ne les gère pas, faut-il vous le rappeler ?

   Vous tournez en rond dans votre bibliothèque, tourmenté, lorsque vos yeux tombent par accident sur un drôle de bouquin intitulé "Les joies du Super Deformed, ou comment rendre Quasimodo over-kawaii". C'est la révélation. Votre rire démoniaque retentit à plusieurs kilomètres à la ronde, alors que la foudre frappe votre grenier pour y donner vie à votre créature, l'eschatologique Marketing. Ceci dit, vous n'êtes pas de ces trous du cul qui s'en satisferaient ; non, vous, vous voulez en plus en faire un bon jeu. Et ce jeu, c'est Splatterhouse ~ Wanpaku Graffiti.



[Manoir, Graffitis et autres subtilités]

   Cet humble jeu de rôle vous a plu ? Sachez-le, son but était de vous situer la recette de ce Wanpaku Graffiti sur Famicom. Ne me taxez pas de puriste japonisant lorsque je n'en suis pas un : le-dit Splatterhouse n'a pas honoré nos NES de sa présence. La recette, donc, est simple et solide comme l'acier. Rick Taylor, le cousin de Jason, ressuscite pour le meilleur et pour le pire, quoique le pire n'est cette fois pas au rendez-vous : jeu édulcoré de rigueur. Vous devez encore une fois sauver votre tendre cruche, retenue par une infâme citrouille ressuscitée en même temps que vous. Un si délicat prétexte.

   Concrètement ? Wanpaku Graffiti est un jeu d'action qui lorgne davantage sur la plate-forme que l'original, sprites réduits obligent. Et là, autant le dire, c'est un miracle : mini-Rick est d'un coup parfaitement maniable ! Là où il évoluait aussi brillamment qu'un poisson hors de l'eau en arcade, il se meut désormais comme une puce. Rick saute haut, marche vite, est précis dans ses déplacements. Et fait virevolter sa hâche tel Knut le Grand. Pour une raison ou pour une autre, c'est sur cet instrument du diable qu'il a jeté son dévolu dans cette aventure. Dieu seul sait pourquoi, mais le résultat est bien là, Rick pourfend par palettes. Guhuhuhu.



   Vous devez donc éviter les pièges standards, atteindre quelques plates-formes de temps à autres et niquer du zombie. Ceci d'autant que l'opération présente l'avantage de renforcer l'expérience de Rick. Eh oui, cette fois, c'est un simili-système de power-up par niveaux d'expérience qui fait son apparition. Chaque adversaire trucidé vient s'ajouter au numérateur d'une fraction indiquée en haut à gauche. Vous débutez la partie avec 0/10 ; après 10 ennemis tués, vous gagnez un point de vie et le compteur se remet à zéro tandis que le dénominateur devient plus important. Bref, c'est là un système simple qui suffit cependant à rendre un peu plus ludique la progression, puisque vous constatez l'amélioration de la résistance de Rick.

   Détails de rigueur : le jeu est plutôt joli et pas trop terne, les sprites assez sympas, les ralentissements à peu près inexistants et on finit par fredonner la musique du Stage 1 inconsciemment. Quelques secrets sont dissimulés dans le jeu (une phase égyptienne et une phase japonaise, sur le ton de la plaisanterie), qui est par ailleurs assez court, mais suffisamment difficile pour accrocher le joueur. Il y a régulièrement de quoi récupérer quelques points de vie, et plus rarement un shotgun à l'effet temporaire mais particulièrement dévastateur. Pas de surprise pour les niveaux, c'est du Splatterhouse : cimetière, manoir qui grince, égoûts, catacombes, marais... On obtient donc un jeu d'action assez fun et rapide, avec des tas d'Undead à renvoyer chez leurs mères (pour une représentation de ce que peut être une mère zombie, prière de regarder "Braindead" de P.Jackson). Certes, rien de vraiment extraordinaire, mais Namcot fait tout à fait honneur à la Famicom, techniquement et manette en main, d'autant qu'on ne cessera de le dire, c'est plus maniable que le Splatterhouse original.



[La parodie sans l'hémoglobine]

   Il y a pourtant dans ce Wanpaku Graffiti un côté décalé qui lui donne un vrai charme. Conscient de trahir la voie du sabre initiée par son senseï, il assume clairement sa représentation SD pour s'auto-ériger en parodie ambulante de Splatterhouse. On ne pourra m'empêcher de penser que la démarche dodelinante de ce sprite rondouillard est, déjà, une énormité au vu du légendaire balai dans le cul du Rick original (qui traîne autant les pieds qu'un ado au lendemain d'un concert de Muse dans une salle enfumée et sinistre genre Zénith).

   Une parodie de son aîné... et de ses influences du cinéma d'horreur en général. Ainsi voit-on une mouche rentrer au moment fatidique dans une cabine de téléportation et en ressortir totalement mutée, entre autres. Les zombies sortent de leur tombe à la "Evil Dead", le boss du stage 1 parodie "L'exorciste", des tas de bestioles jaillissent du thorax ouvert d'une femme allongée sur la table d'un labo à la manière d'un "Alien", un requin vous agresse dans un passage qui rappelle clairement "Les dents de la mer", les maisons hantées ont les fenêtres qui s'ouvrent et se referment sans cesse... On a même le privilège de voir un mort-vivant en rouge déambuler sur une piste de danse entouré de zombies, façon "Thriller" (celui de Monsieur "Who's Bad ?", oui). Bref, un beau cocktail de parodies, clichés, stéréotypes contournés, auquel vient s'adjoindre une bonne dose de tordu, dont le boss -Four dont sortent des poulets rôtis- est un bon représentant.

   Bref, Wanpaku Graffiti perd en litres d'hémoglobine ce qu'il gagne en humour. On se marre, les clins d'oeil sont innombrables et parfois assez discrets... C'est fun, ludique, ça fait dans l'auto-dérision et Rick ressemble à un Razmoket en poupée vaudou. On pourrait regretter de ne pas voir les goules explosées contre le mur vous vomir dessus comme dans Splatterhouse. On pourrait, et j'imagine que c'est le sentiment de certains fans (déjà pas bien nombreux) qui voient donc cette mouture Famicom comme un produit dérivé trop soft. On pourrait, mais moi pas. Et, je l'espère, vous non plus. Avouez que c'est pas tous les jours que la Famicom revisite Vendredi 13 à la sauce Super Deformed.




   En trois mots comme en cent, Splatterhouse ~ Wanpaku Graffiti n'est certainement pas un jeu exceptionnel. Il l'est peut-être même moins que le véritable Splatterhouse, marquant déjà pour son gore. Il n'en est pas moins un bon jeu d'action sachant parfaitement exploiter les capacités de la Famicom. Tout est fluide et bien animé ; un bon point, d'autant que le rythme de jeu largement digne d'un soft PC-Engine tendrait à nous faire attendre le contraire. Le tout est franchement regardable et n'a pas trop mal vieilli, et on apprécie la souplesse du moteur de jeu comme celle du personnage. Tout ceci fait facilement de Wanpaku Graffiti le Splatterhouse le plus agréable à jouer - moins pataud que Splatterhouse 1 ou 2, moins frustrant que le 3. Ajoutez à cela cette bonne dose d'humour et vous obtenez ce qui est peut-être, oui, l'un des meilleurs jeux d'action de la 8 bits de Nintendo, quoique la concurrence y soit très, très rude. Un jeu d'autant plus drôle qu'on ne peut s'empêcher de rire à l'idée des responsables de Namcot en train de baisser leur froc devant ces messieurs de Nintendo, en leur promettant que non, il n'y a pas de sang dans Splatterhouse - c'est du jus de tomate - et que non, ça ne peut pas choquer les enfants japonais, qui doivent bien faire leurs devoirs pour l'école avant de jouer à leur Family Computer.


N.B. : à défaut d'avoir le jeu original, j'ai eu recours à l'émulation. Ceci pour signaler que ma ROM est très grâcieusement patchée en anglais, et j'ignore totalement qui est à l'origine de ce patch. Ce devait être dit.


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