Index  Forum  Livre d'or  Nous   Se connecter  
     
645156 visiteurs
2 connectés
 
 
     
    Index > Liste des articles > PC > Dune
 

 
 
Informations
Editeur Virgin Games
Développeur Cryo
Année 1992
Genre Aventure / Stratégie
Autres supports PC sur disquettes, Amiga, Mega-CD

 
 
 
 

Retour à l'index

Un jeu au hasard :
The Legend of Zelda
The Legend of Zelda
(NES)


Articles
 -par support
 -par auteur
 -par année

Dossiers
 
 
 
 

Cette année là...
Jeux Flash
 
 
 
 

Forum
Nous
Livre d'or
Liens

Old School Gamers
Retrogaming80
Les gouttes ophtalmiques ou collyres sont un médicament liquide qu'on applique sur la conjonctive de l'œil
Guardiana, le monde Mega Drive
Une autre vision des RPG
1Up, le site de Sanjuro
Bédéthèque de la Team Pythagore
 
 
 
 


Pour accéder aux Radios, cliquez ici !

Par Radio.blog

 
 
Dune
Par Milcham le 17/03/2007





Cliquez sur les screenshots pour les agrandir

Ecoutez l'album Spice Opera sur la OuarpzRadio


   A bien des titres, Dune a su marquer son temps, constituant de fait une quasi-apothéose de ce que les Anglais appelaient jusqu'alors la "french touch". Qui d'autre que Philippe Ulrich et ses troubadours pour faire face à un tel défi ? Il s'agit d'adapter un film hollywoodien, celui-ci s'étant déjà cassé les dents sur le gigantisme de l'œuvre de Frank Herbert ; c'est aussi l'ère du multimédia qui débute sur PC, avec son lot de paris sur l'avenir. Une époque prolifique toute désignée pour un si bel hommage.



Au contact de l’épice, les yeux de Paul virent au bleu, comme ceux des Fremen. – Vous avez la possibilité d’assister aux batailles.


–LA GENESE–

   Adapter Dune, c'est un peu comme adapter du Tolkien ou avancer à cloche-pied sur un banc de méduses échouées, c'est toujours un moment chocolat. De là, on peut bien imaginer le casse-tête lorsqu'en 1984, David Lynch se retrouve à devoir résumer les deux premiers livres en un long-métrage de deux heures. Le résultat est un film curieux, désavoué de beaucoup et adoré de quelques uns, qui cherche à faire avancer l'histoire en mode "fast forward" avec des voix off. Un jeu dans la veine d’Adventure doit alors sortir sur Atari 2600 et surfer sur la vague. C'est sans compter sur la situation critique du marché américain depuis déjà un moment : le projet, comme tant d'autres, finit à la poubelle. Il faut attendre 1989 pour que la branche américaine du groupe Virgin, désormais fier détenteur des droits, déterre l'idée.



   Un studio parisien est sur le coup, qui prend le nom de Cryo Interactive Entertainment. Cryo, c'est le bloc d'une poignée de développeurs déjantés rescapés du naufrage d'Ere Informatique chez Infogrames. La barque est menée par Philippe Ulrich et Rémi Herbulot et porte ceux qui ont fait les beaux jours du jeu vidéo français des années 1980 (cf. Retro Game 2) ; le premier jeu sous label Cryo sur Amiga et ST, Extase, démontre encore et toujours leur attachement obsessionnel à la science-fiction. Dès lors, qu'auraient-ils pu souhaiter de mieux qu'un programme aux dimensions de Dune ? Il n'en faut pas plus à ces allumés de l'informatique qui se lancent dans un projet tentaculaire, décortiquant le moindre aspect des milliers de pages du cycle originel. C'en est trop pour Virgin qui confie finalement sa licence à un jeune studio, lui basé à Las Vegas, Westwood Associates.

   Les français doivent batailler sec pour défendre leur bout de viande, repensent et simplifient leur dossier. L'enjeu est considérable : jamais des programmeurs français ne se sont vus confier un projet aussi ambitieux. Toute la finesse de l'exercice consiste à créer un programme assez dense pour intéresser les joueurs, mais suffisamment accessible pour que les amateurs de Dune en général puissent s'y essayer. Il s'agit en outre de respecter l’univers du film, mais aussi des livres… sans omettre le plan ludique ! A cœur vaillant, rien d’impossible puisque Dune finit par hypnotiser tant les responsables américains que la presse, mise au courant à l'automne 1991. L'univers, l'immensité du désert, la bande-son émeuvent à ce point Virgin qu'une version CD-Rom pour PC et Mega Drive/Mega CD est rapidement prévue, en même temps qu'un album, Spice Opera (cf. partie dédiée).


Gurney Halleck a une curieuse dégaine, mais ses conseils valent leur pesant de cacahuètes. – Les changements de tons au gré de l’avancée du jour rompent la monotonie des voyages.


Sur Dune, les vers des sables sont tantôt une plaie, tantôt un atout : il faut simplement apprendre à cohabiter. – Cette carte des plus sobres accapare une bonne moitié du temps de jeu.


–L'AMOUR DERRIERE LES DUNES–

   Dune rencontre un succès foudroyant dès sa sortie sur PC au printemps 1992. Le jeu, qui tient sur deux disquettes, propose de splendides graphismes en VGA, avec des animations et des changements de palettes qui frôlent la perfection. Qui plus est, une simple carte Ad Lib suffit à jouer sa bande-son d'une justesse alors sans égale. L'ensemble de la partie technique du programme tient ainsi du tour de force, une performance nécessaire pour immerger le joueur dans les sillons d'Arrakis. L'univers s'inspire tant du film – Kyle MacLachlan, Paul dans le film, a prêté son visage à son homologue vidéoludique – que des livres ; mieux, il possède une personnalité qui lui est propre. La géographie de Dune, le vol en ornithoptère révèlent une véritable sensibilité à l'égard du désert. Arrakis semble douée de vie, d’une véritable conscience, et nous observe de son immense œil au pôle Sud.


   La version Amiga sur trois disquettes suit bientôt, techniquement bridée avec ses 32 couleurs, mais la bande-son revue ravit nos cages à miel ! En 1993, les versions CD semblent venir apporter une touche finale à un jeu qui tenait déjà du chef-d'œuvre. Le Dune de Westwood, jamais inquiété, prend finalement le nom de Dune II : Battle for Arrakis. Sorti quelques mois plus tard, il rencontre un succès tout aussi retentissant et pose les règles du RTS tel qu'on le connaît – mais c'est une autre histoire.


Le globe permet de voir concrètement les résultats de vos efforts en écologie. – Il faut négocier avec les contrebandiers - et penser à régler sa facture pour ne pas se griller !


Chani, déjà sublime, dispose en plus d’un doublage à couper le souffle ! – Votre mère Jessica a découvert une serre tropicale, un moment fascinant.


–L'AVENTURE CD-ROM–



   Dune fait partie de la première vague des jeux CD-Rom sur PC, aux côtés d'autres blockbusters tels que The 7th Guest - l'occasion pour Cryo de découvrir de nouvelles méthodes de travail. Philippe Ulrich (cf. photo) ne manque pas de témoigner son enthousiasme à propos de ces versions CD, qui lui semblent approcher toujours plus le monde du cinéma. Pour la première fois dans un jeu français, on organise un casting, on recrute un directeur d'acteurs et une vingtaine de comédiens américains pour un doublage intégral avec synchronisation labiale. Didier Bouchon code un générateur de décors en images de synthèse. Les séquences ainsi obtenues bouclent, d'où ces splendides voyages dans le désert qui en ont fait rêver plus d'un, sur fond des thèmes réarrangés de Stéphane Picq. Par ailleurs, quelques extraits mal compressés du film sont ajoutés. La version Mega CD bénéficie même d’un doublage français… risible.


Dans la version CD, le décor du palais change légèrement. – Encore quinze ans après, les voyages sur Arrakis gardent un aspect fascinant.



–LE DORMEUR DOIT SE REVEILLER–

   En l'an 10191, l'univers connu est régi selon un système féodal par l'Empereur Padishah Shaddam IV. En ces temps futurs, la substance la plus précieuse est l'Épice, qui prolonge vie et conscience et permet les voyages spatiaux. Ironie du sort, on ne la trouve que sur une seule planète, la plus inhospitalière qui soit : Arrakis, la planète des sables mieux connue sous le nom de Dune. Au creux du désert, dissimulés aux yeux de l'univers, des hommes luttent pour vivre libres. Ces Fremen attendent que s'accomplisse une prophétie selon laquelle un messie, la Voix de l'Extérieur, apparaîtrait un jour qui les mènerait à la liberté.
Vous êtes Paul Atréides, fils du duc Leto et héritier de l'une des Maisons les plus influentes du Landsraad. Vous êtes encore jeune mais développez déjà de bien curieux dons que votre mère Jessica vous apprend à maîtriser. L'Empereur a autorisé votre famille à s'installer sur Dune pour superviser l'extraction de l'épice, conjointement à la brutale Maison des Harkonnens déjà sur place. Vous tenez là l'opportunité de mettre un terme à la vendetta qui oppose vos deux maisons depuis si longtemps. Encore faut-il convaincre les Fremen de rallier votre cause…


Stilgar croit en vous et vous ouvre les portes du microcosme fremen. – L’inévitable scène d’amour dans le désert avec Chani.

   L'histoire débute alors que vous prenez possession d'un palais abandonné dans la province de Carthag. La demeure regorge de secrets que vous découvrirez bien assez vite. Pour l'heure, vous sillonnez le désert avec votre ami et maître Gurney Halleck, en quête des sietchs fremen. Les puristes l’auront compris, par souci d’accessibilité le script d’origine a été largement simplifié. Schématiquement, vous êtes les rouges, les Harkonnens sont les bleus. A vous d'étendre votre influence sur Dune, de trouver de nouveaux sietchs, gérer vos troupes et faire avancer l'histoire ; mais à aucun moment vous ne devez négliger l'extraction de l'épice, l'Empereur exigeant régulièrement sa part du butin. Si vous n’obtempérez pas, il vous envoie fissa ses redoutables Sardaukars, et c’est Game Over. Vous voilà prévenus.


Une animation très explicite accompagne le Game Over. – L’architecture des sietchs est souvent fascinante.


–PREMIERS PAS DANS LE DESERT–

   La grande trouvaille de Dune, c’est son harmonieux mélange d’aventure et de stratégie en temps réel. L’aspect linéaire des rencontres et découvertes de Paul s’imbrique à la perfection dans les phases de gestion, puisqu’elle étend vos possibilités de commandement. De timide extracteur d’épice en orni, vous deviendrez un grand maître de guerre, chevaucheur de ver commandant à vos troupes par télépathie et oeuvrant pour la terraformation de la planète des sables. Au premier abord, l’interface désoriente un peu, mais le jeu vous prend par la main pendant une bonne moitié de votre progression – l’occasion d’acquérir les automatismes nécessaires en douceur.


Liet Kynes incarne le grand rêve fremen : la terraformation de Dune. – L’empereur exige un envoi d’épice : envoyez-lui plus qu’il ne le demande.

   Au travers des conseils prodigués par les protagonistes de l’histoire se dessinent des objectifs simples : trouver des distilles, puis la troupe de prospecteurs, les salles cachées du palais, le leader fremen... Paul peut se faire suivre de deux personnages à la fois, et dans la première moitié du jeu il vaut mieux embarquer à temps plein Gurney Halleck dans l’orni, celui-ci étant de bon conseil. Pendant tout ce laps de temps, l’essentiel du travail de Paul est de démarcher de nouvelles troupes fremen pour augmenter la productivité d’épice. Dialoguez avec leurs chefs : eux seuls peuvent vous mettre sur la voie de nouveaux sietchs ; perdus dans le désert, ceux-ci seraient difficilement trouvables au hasard. N’oubliez jamais que le temps, sur Arrakis, c’est de l’épice ! Les jours s’écoulent en temps réel, alors économisez vos ressources et ne manquez pas les rendez-vous fixés par l’Empereur ; n'hésitez pas à sauvegarder régulièrement pour grapiller quelques heures ici et là.


Un artwork de grande classe pour le menu. – Le Duc Leto Atréides est un leader né.


–STRATEGIE EPICEE–

   La seconde partie du jeu ne démarre que lorsque vous trouvez Stilgar, le chef fremen. Avec celui-ci à vos côtés, les Fremen acceptent à coup sûr de rallier votre cause et l’entraînement militaire devient une priorité. Plus tard dans le jeu, avec Chani à vos côtés, vous pouvez démarrer l’ultime processus de gestion du jeu : l’écologie. Une éventualité qui ravit vos troupes, mais tarit les ressources d’épice à vitesse grand V, donc prudence. A ce niveau de l’aventure, vous passez plus de temps sur la carte à gérer vos troupes et prendre une à une les forteresses harkonnens qu’à vous promener : c’est ainsi que Dune s’oriente peu à peu vers le jeu de stratégie plus classique.


   Le jeu n’est ni très difficile, ni vraiment long, particulièrement lorsqu’on en connaît bien les mécanismes. Ces derniers n’en sont pas moins élaborés : si chaque troupe n’a que trois occupations possibles (extraction, armée, écologie), il faut tâcher de bien les équiper pour ne pas rapidement voir les effectifs et la production d’épice fondre comme neige au soleil. Des Experts en extraction dotés d’une moissonneuse et d’un orni dans une région riche sont largement plus efficaces que les ploucs du départ, de même qu’une troupe de 2000 hommes armés de modules étranges et d’atomiques peut faire plier trois troupes harkonnens à elle seule ; encore faut-il spécialiser au minimum une troupe en espionnage, afin de n’être jamais pris au dépourvu. Tant d’équipement coûte cher, et pour cause : les contrebandiers des quelques villages d’Arrakis vous imposent de lourdes factures en épice. Sachez négocier avec eux, ils ne sont pas trop durs en affaires. N’hésitez pas non plus à envoyer à l’Empereur plus qu’il ne le demande, vous en sentirez les effets par la suite.


Le siridar-baron Vladimir Harkonnen, dans toute sa graisseuse décadence. – Les Fremen sont la force du désert, sachez être persuasif.

   Voilà énumérées quelques unes des possibilités qui vous sont offertes. L'interface type "point and click" n'est d'abord pas évidente (il faut afficher la carte, puis le globe pour sauver ou quitter), mais se révèle vite des plus adéquates. L'ensemble permet donc des actions très diverses, tant en termes de stratégie que d'aventure, sans trop de manipulations barbares : visions, prescience et télépathie achèvent de lier pour de bon le destin d'Arrakis et de son sauveur, Paul, Muad'Dib… vous. La connotation mystico-écologique si chère à Frank Herbert est ainsi conservée, achevant de faire du programme de Cryo un mémorable hommage à l'auteur, sept ans après sa mort.


A l’inverse du livre, ce sont ici les Harkonnen qui ont investi le palais d’Arrakeen. – Sous ses airs inquiétants, le vieux Mentat Thufir Hawat est un stratège hors-pair.



–SPICE OPERA–



   Tous ceux qui ont pratiqué Dune le diront, sa bande-son joue pour beaucoup dans l'impact émotionnel du soft. Les mélodies de Stéphane Picq et Philippe Ulrich, bêtement composées dans la cuisine d'un appartement parisien, ont totalement subjugué les employés de Virgin Games. Le résultat ? Un album arrangé d'une heure de musique synthé "organique" ; la dernière piste Cryogenia est un véritable hymne à la gloire de Cryo et d'Exxos. Distribué dès 1992, ce Spice Opera est également offert avec l'édition spéciale du jeu PC CD-Rom. C’est sans compter sur un litige entre Stéphane Picq et EMI/Virgin Records : le disque, qui n’a connu qu’une petite distribution, n’a ainsi jamais pu être réédité. Plus tard, l’artiste zélé a laissé entendre sur son site web la disponibilité sur Internet de l’album entier au format mp3, à cause d’un "ignoble pirate qui n’a rien à voir avec lui"... Spice Opera est ainsi téléchargeable en trois clics sur Google, mais quasi introuvable en original.

Lien vers le site officiel de Stéphane 'Esteban' Picq
Ecouter l'album Spice Opera sur la OuarpzRadio


Une version collector du jeu sur PC CD-Rom, elle aussi d'une valeur inestimable...



En orni, emmenez toujours un allié : quatre yeux ne seront pas de trop pour repérer les sietchs inconnus. – Votre ornithoptère quitte le sietch fremen.


Le tableau de bord de l’orni n’est pas le plus pratique pour choisir votre prochaine destination. – Une vue imprenable du balcon du palais Atréides.


   Il est des jeux que le temps sublime sans altérer, et Dune est de ceux-ci. Rémi Herbulot, Jean-Jacques Chaubin ou encore Stéphane Picq livrent les clés d’un univers envoûtant qui, tel le sirocco, vous souffle à l’oreille cette même touche de mysticisme faisant tant défaut aux autres jeux basés sur l’univers de Frank Herbert. Il est enfin la relique d’un temps de promesses, peut-être plus expérimental que les années qui ont suivi. Plus qu'une adaptation, Dune est un excellent jeu vidéo et c’est là son plus grand mérite.




   Sidney vous parle :

"Les jeux, vous le savez, c'est ma grande passion. Cet article vous a plu ?
MOI NON PLUS ! Alors venez en parler sur le forum avec nous."
"Réagissez à cet article - Voir les réactions"
 
 
           OuarpZone© 2005 - Milcham & DigDug