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    Index > Liste des articles > Arcade > Bombjack Twin
 

 
 
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Développeur NMK
Année 1993
Genre Déminage en terrain hostile

 
 
 
 

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Bombjack Twin
Par Milcham le 21/04/2007






   Les jeux de tableaux c'est toute une philosophie de vie. On faisait un topo il y a peu sur Snow Bros, la variante sale gosse du genre - mais globalement c'est plutôt du genre sympa, un jeu de tableaux ! Vous leur demanderez, mais c'est le genre préféré des vaches (après Densha de Go, la simu de train, évidemment). Autant vous le dire tout de suite : si les vaches n'ont aucun problème à voir le TGV passer, il n'en est pas de même avec Bomb Jack, bien trop rapide, qui échappe au champ du sensible. Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c'est B O M B    J A C K !




* ALL YOU NEED IS LOVE *
   Vous connaissez peut-être le Spring Heeled Jack. Rien à voir avec les vaches. En Français, ça donne "Jack Talons à Ressort". Si tel n'est pas le cas, petit cours de rattrapage. A la base il s'agit d'une légende urbaine à propos d'un mec capé à l'air vaguement diabolique qui aurait agressé des gens en fourbe un peu partout dans l'Angleterre de l'époque victorienne. Sa particularité : il s'enfuyait en effectuant des bonds gigantesques. D'où son nom. Bref un élément du folklore de l'époque qui en est venu, de fil en aiguille, à figurer dans tout un tas de pulp fictions, dans un rôle proche de ce qu'on retrouvera plusieurs décennies plus tard avec Zorro et Batman.



* SHE LOVES YOU, YEAH ! YEAH ! YEAH ! *
   On en vient à Bomb Jack, si si. Mais avant ça, un petit test. Si je vous dis Tecmo, vous me répondez quoi ?
"- PERVERS !"
Forcément.
Mais Tecmo, ça n'est pas -que- la société coupable du suicide de 147 collégiens japonais ayant gobé une poche de silicone à cause du report du jeu "Mort ou Vif".
Non, c'est aussi pas mal de bons jeux de sports, et surtout la téra-fabuleuse série des Ninja Gaiden / Shadow Warriors. Et puis Rygar !
Il est temps de sortir la DeLorean du garage, les gars. Convecteur temporel ok, destination : 1984 !

    Car bien avant tout ça, il y a déjà... Bomb Jack, un drôle de p'tit jeu qui débarque donc dans les salles trop enfumées en 1984. Il est le fait d'une boîte assez modeste du nom de Tehkan, pour Teikoku Kanzai ("L'empire de la gestion de biens", en substance...), dans l'entertainment depuis 1981.

   Bomb Jack est un jeu de tableaux assez original, précurseur même. La même année on joue à Boulder Dash et DigDug (ndDigDug > c'est le BIEN ! je suis fourbe !), à Mario Bros., aux différents jeux Mr Do!... Bomb Jack emprunte quelques bases à Pac-man, mais fait tout le reste tout seul, comme un grand. Sa principale caractéristique : c'est un jeu de plates-formes très, très rapide.

   En 1985, Tehkan est rachetée par une autre boîte de l'industrie de l'amusement, Nihon Yotto. L'année suivante, celle-ci change de nom : Tecmo, Ltd. (merci à LVD pour l'info !)



Bomb Jack - Arcade

   Vous incarnez donc... Jack, un super-héros. Vous savez, le genre masqué, capé, qui fait de grands sourires aux caméras en disant que statistiquement, l'avion reste le moyen le plus sûr pour voyager. Avec le slip par-dessus. Voiiilà. Jack ne vole pas, mais il saute très haut. Son masque est cornu. Vous commencez à voir où je voulais en venir avec mon Spring Heeled Jack ? Aucun rapport intrinsèque avec l'Angleterre cependant, du moins pas davantage qu'ailleurs, puisque Jack va devoir parcourir le monde entier pour désamorcer des bombes posées ici et là par Dieu sait qui. Sans doute un dangereux psychopathe du genre de Lex Luthor. 'Faut pas déconner avec les explosifs, pourtant...




* HELTER SKELTER *
   Au total donc, 24 bombes sur chaque écran. Comme dans Pac-man, vous devez toutes les récupérer pour passer au tableau suivant ; tout contact avec un ennemi vous tuerait instantanément... à moins d'avoir obtenu l'item "P" qui neutralise momentanément tous les monstres ! Un Joystick + 1 bouton, on fait pas plus simple. Le bouton vous permet de sauter. Plus vous le pressez longtemps, plus Jack saute haut ; si vous maintenez en même temps le joystick vers le haut, vous sauterez jusqu'au plafond. Lors d'une chute, une pression répétée vous permet de "patiner" en l'air, un peu comme Luigi dans Mario 2 ou plus tard Yoshi, si vous situez mieux comme ça. Jack est ultra-maniable, son inertie très précise, sa vitesse très élevée. En 1984, les jeux qui permettent de telles acrobaties avec tant de facilité sont loin de courir les rues - à côté de ça, Donkey Kong Junior fait sérieusement arthritique.

   Mais on va en avoir besoin. Bomb Jack se joue sur un écran vertical (224 x 256), ce qui réduit considérablement la largeur de chaque tableau, donc votre marge de manoeuvre ; c'est loin d'être une promenade de santé ! Chaque type d'ennemi a un schéma assez spécifique. Par exemple, l'oiseau progresse toujours dans votre direction, mais par accoups tantôt verticaux, tantôt horizontaux. Trop lent pour être une menace en temps normal, il est donc redoutable dans un passage étroit. Les monstres sont ainsi relativement prévisibles - d'autant plus qu'en général ils apparaissent simplement en haut de l'écran avant de dégringoler vers vous. Mais on se laisse rapidement submerger !




* ELEANOR RIGBY *
   Il n'y a pas d'autre limite de temps que votre propre survie face aux vagues de plus en plus vives d'ennemis, puisque les bombes elles-mêmes n'explosent pas ! Plus qu'un mécanisme de jeu, c'est donc essentiellement un prétexte. On aurait pu vous demander de ramasser des pâquerettes, des carambars, des tampons usagés ou des pin's parlants que ça n'aurait rien changé. Cependant, il y a constamment à l'écran une bombe allumée : dès que vous la récupérez, une autre s'allume. En récupérant ainsi des séquences de bombes allumées plutôt qu'éteintes, vous boostez votre score (ça compte double) et faites apparaître des bonus. Allez faire ça avec des carambars, vous !

   J'ai déjà évoqué le bonus "P" pour "Power", qui traverse l'écran en ricochant sur les murs. A terme, l'idée c'est d'en récupérer un toutes les cinq ou six secondes. A ceci, il faut ajouter le "B", pour Bonus, qui se comporte comme les pièces de Mario Bros., apparaissant en haut et progressant simplement sur son élan en tombant des plates-formes. C'est un multiplicateur de score, jusqu'à x4. A chaque nouvel écran, on revient à x1. Plus rare mais au comportement analogue, le bonus "E" pour "Extra" vous refile une vie ; rarissime, le "S" pour "Special" vous offre un crédit.

   Pour la variété, il faudra repasser. Comme la majorité des jeux d'arcade de l'époque, Bomb Jack s'en soucie peu et se contente de corser la difficulté. Les tableaux affichent 5 fonds différents : le célèbre Sphinx du Round 1, l'Acropole, le château de Neuschwanstein et deux paysages urbains. Trois musiques tournent en boucle, dont un remix rigolo de Lady Madonna, des Beatles (et là vous comprenez d'un coup mes titres). Les tableaux eux-mêmes se répètent après le Round 18. Il faudra attendre Bubble Bobble et ses 100 tableaux, en 1986, pour que le genre évolue réellement dans le sens de la variété.





* LUCY IN THE SKY WITH DIAMONDS *
   Bomb Jack remporte un succès tout à fait mérité et durable, et intéresse donc rapidement les éditeurs aux dents longues pour des conversions sur supports domestiques. En l'occurence, c'est Elite qui récupère les droits et sort en 1986 des versions de Bomb Jack pour les micros 8-bits - CPC, C64 et ZX Spectrum. Chez Elite, on est toujours à l'affut de bornes d'arcade à succès à convertir. La qualité des jeux est variable, mais pas les profits dégagés ! Dans les mêmes eaux que Bomb Jack, ils proposent par exemple un excellent portage de Ghosts & Goblins, ultra-addictif à défaut de pouvoir retranscrire les sensations de l'arcade. Mais quelle musique ! Des classiques ; en ce qui me concerne, c'est sur CPC que j'ai connu Bomb Jack, dans ma prime enfance (ho ho ho).


Bomb Jack - CPC - C64

Bomb Jack - ZX Spectrum

    Toujours en 1986, les salles d'arcade voient débarquer Mighty Bomb Jack, sous le label Tecmo encore tout frais. Le phénomène Super Mario Bros. est passé par là et Mighty jongle donc entre quelques tableaux à l'ancienne (Royal Palace Rooms) et de la plate-forme moderne à scrolling. Elite, pour sa part, sort rapidement son propre Bomb Jack II, en l'occurence un ratage complet. L'année suivante, Tecmo se charge personnellement de porter Mighty sur l'inévitable NES. Elite tire finalement un trait sur son second épisode et reprend le premier pour le convertir sur ST et Amiga ; il est vendu au prix fort, ce que digèrent assez mal les joueurs devant un aussi vieux jeu de plates-formes. Leur adaptation de Mighty sur micros doit attendre 1990.


Mighty Bomb Jack - DOS

Mighty Bomb Jack - NES


Bomb Jack II - CPC - C64

   Enfin, en 1992, c'est cette fois Infogrames qui vend sa version Game Boy. On y retrouve sans trop de pertes les sensations du jeu original, mais il faut admettre qu'on fait difficilement plus dépouillé d'un point de vue graphique. Même constat au niveau du son : si les bruitages sont "DOT MATRIX WITH STEREO SOUND", donc pas en mono, il n'y a tout simplement pas de musique, hormis un nouveau jingle assez péchu. Un peu juste tout ça, surtout qu'on ne dit jamais non aux sonorités chocolats de la chiptune GB !


Bomb Jack - Amiga/ST

Bomb Jack - GB


* TWIST AND SHOUT *
   On en vient ainsi à l'ultime épisode de la série, celui-là même qui est censé faire l'objet de cet article : Bombjack Twin. Notez qu'on a pris pas mal/beaucoup/énormément de temps pour développer jusqu'ici, mais il n'est plus nécessaire de revenir sur le principe du jeu, résolument identique à celui du Bomb Jack originel. Je me suis mâché le travail ! =)

   Bon, vous avez aimé le p'tit voyage en DeLorean ? C'est bon, vous pouvez détacher vos ceintures, on s'arrête pour regarder le paysage. NMK est une petite boîte qui ne mange pas de pain, comme on en fait des centaines au Japon. Spécialisée dans l'arcade et en particulier les shoot'em ups, elle développe essentiellement pour le compte de plus gros éditeurs - Jaleco en tête, mais aussi Banpresto, UPL, et donc Tecmo. En 1992, NMK réalise d'ailleurs pour le compte de Tecmo un petit clone de Snow Bros très joli mais trop bordélique du nom de Saboten Bombers. Cela dit on y incarne un cactus, et ça c'est d'enfer. L'envie de NMK de poursuivre dans le genre avec Bomb Jack vient peut-être de ce développement.

   Et de fait, en 1993, ils développent et sortent Bombjack Twin, sans que ne soit faite aucune référence à Tecmo. J'ai un peu de mal à croire à un rachat de la part d'une boîte aussi modeste que NMK, mais pourquoi pas, après tout ?


Saboten Bombers


* LADY MADONNA *
   Bombjack Twin, disons-le clairement, est trop choupi. Mignon et coloré, il verse beaucoup plus dans le "kawaii" que ne le faisait le jeu original, sans que ça soit aussi acidulé qu'un Taito de la même époque. L'animation des sprites - en particulier celle de Jack - est exemplaire. Il est expressif, ses mouvements sont très bien décomposés, ses mimiques hilarantes. Par exemple, si vous vous prenez le plafond en sautant, Jack prend un air explosé et pleure. Si vous touchez un ennemi, il pousse un petit gémissement, ses yeux se vrillent et il s'écroule par terre. Encore mieux : les vies disponibles, symbolisées comme dans le vieux Bomb Jack par des sprites du héros en bas à gauche, passent leur temps à bailler, à dormir, à danser ou à manger des glaces. Et je peux vous assurer que la petite chorégraphie de victoire que Jack exécute à la fin de chaque tableau est tordante, dans le genre typique des héros de supermarché. Du bien joli bitmap qui fait plaisir à voir, ça ferait des gifs animés d'enfer...

   Enfin, vous passerez cette fois dans une douzaine de pays, soit plus du double du jeu original. Ultime sacrilège cependant, l'Egypte n'y figure plus ! On regrettera aussi la perte du look un peu cybernétique des ennemis de Bomb Jack.




* CAN'T BUY ME LOVE *
   D'un point de vue cosmétique, le lifting est donc a priori réussi. Et c'est bien le principal, car le coeur du jeu n'évolue à peu près pas. On joue toujours en vertical, et même d'une façon plus prononcée, puisque la réso d'écran est cette fois de 224 x 384. Bombjack Twin compte quelques bonus stages - en fait des niveaux sans ennemis, mais avec un compte-à-rebours très serré - et surtout, comme son nom l'indique, il donne la possibilité de jouer à deux simultanément. Le deuxième joueur prend alors le contrôle de la compagne de Jack. Disons, euh... Jacqueline ? Fringuée en jaune, masque rouge, elle a ses propres mimiques et digits et remplace les cornes de Jack par deux gros chignons blonds 'achement plus seyants. Pour rappel, dans le Bomb Jack original, le mode 2 joueurs se résumait à jouer chacun son tour et attendre que l'autre perde une vie.

   Techniquement, Twin est encore bien plus rapide que Bomb Jack, et abuse encore bien davantage au niveau de la difficulté, en libérant des grappes de soucoupes volantes prêtes à tailler Jack (et Jacqueline) en pièces en deux secondes top chrono. Qu'on soit clair : c'est un mange-fric pas possible. Cela dit, comme dans Bomb Jack, un crédit compte 3 vies, ce qui n'est déjà pas mal ; les dip switches permettent évidemment d'en donner plus. Ce qui compte, c'est que Twin est sautillant et vraiment fun. On n'aura pas forcément envie d'y jouer plus d'un quart d'heure, mais c'est le but - et puis un quart d'heure dans une salle d'arcade ça peut -déjà- être dévastateur pour le porte-feuille... smiley




* YELLOW SUBMARINE *
   Pas la peine de m'étendre plus longuement sur ce Bombjack Twin ; comme vous l'aurez compris, l'article ne porte finalement pas tant sur lui que sur la série, et en particulier le premier épisode. Considérez donc Twin comme le remake d'un grand classique du jeu de tableaux. J'avais surtout envie de vous parler de cette petite pépite qu'est Bomb Jack et que j'adore, au travers d'un jeu plus accessible. Un principe bête comme chou mais qui fait mouche, une vivacité qu'on n'aura peut-être vu dans aucun autre jeu du genre... Bomb Jack c'est ça. Twin n'a connu aucune conversion sur support domestique, alors ne vous faites pas prier et donnez-le à manger à votre MAME adoré(e). Aucun rapport avec Alliot-Marie.

   La plupart des nostalgiques de Bomb Jack peinent à retrouver dans cette itération de près de dix ans de moins le même charme que dans l'original ; je ne pourrai pas leur donner totalement tort. J'en veux pour preuve la popularité du premier Bomb Jack en jeu flash sur le Net, ou en java sur mobile... là où Twin reste un inconnu. Avec son emballage plus mignon, il est aussi devenu plus "banal", à une époque où il n'était pas si évident de défendre son identité entre des Bubble Symphony, Tumblepop, Snow Bros, Liquid Kids, Pang, Don Doko Don... qui jouaient tous un peu dans le même registre. Et puis tout naturellement, ce qui avait été original en 1984 ne l'était plus forcément en 1993. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le jeu original, nul doute que Twin devrait mieux leur convenir ; et même pour les autres, difficile de nier le confort de cette version. Essayez donc. Car même en y jouant 10 minutes, vous lui rendrez honneur.





Télécharger la ROM Bomb Jack - Arcade (54ko)

Télécharger la ROM Bombjack Twin - Arcade (1.86Mo)



NB : En 2004, les Espagnols de la team Kralizec ont réalisé un excellent portage de Bomb Jack pour MSX2. Alors vendu 15$ au format disquette avec un vrai packaging et un manuel en japonais, le soft est depuis passé en freeware. Le jeu est très fidèle à l'arcade et d'une fluidité irréprochable.

Télécharger le DSK Bomb Jack - MSX2 (61ko)







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